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François Marceau, formateur M3I

Fermetures temporaires, réorganisation du travail, sentiment d’insécurité, interrogations face à l’avenir, détresse psychologique vécue par certaines personnes, difficultés financières, adaptation des lieux de travail…

La période de pandémie que nous vivons depuis quelques mois a eu et a encore un impact énorme sur l’ensemble des organisations et ce, à tous les niveaux que ce soit pour les propriétaires d’entreprise, les dirigeants, les gestionnaires, les superviseurs et les employés.  La présente réflexion s’intéresse particulièrement à l’impact sur les personnes qui assurent la gestion et la supervision de personnel.  Ces hommes et femmes sont au front et nous pourrions même dire pour plusieurs qu’ils travaillent sous grande pression.  Leurs diverses compétences ont été grandement sollicitées et mises à l’épreuve.  Portons notre attention sur quatre compétences qui sont particulièrement utiles et importantes dans le contexte actuel :

  1. La capacité d’adaptation et d’imagination ;
  2. La capacité d’analyse et de jugement ;
  3. La capacité à se mettre en action ;
  4. La capacité à prendre soin de l’autre et de soi-même.

La capacité d’adaptation et d’imagination

Nombre de gestionnaires ont dû repenser l’organisation du travail en équipe plus restreinte ainsi que l’aménagement géographique des lieux. Ils ont dû planifier la réouverture de leur entreprise en tenant compte des règles de la santé publique, implanter le télétravail, en plus d’assurer une communication adéquate à l’intérieur de l’entreprise, et une gestion du stress généré par cette situation particulière. Même le modèle d’affaires a d’être modifié pour certaines entreprises qui se sont orientées vers la production de masques, de jaquettes ou de gel désinfectant, etc…  La capacité de « se virer sur un dix cents » est définitivement un atout au cours d’une telle période de changement.  La capacité de voir une opportunité où d’autres y voient plutôt un mur peut nous aider à tirer son épingle du jeu. Au plan de la gestion des ressources humaines, pensons à la réorganisation des tâches, au développement du télétravail de façon à être efficace, à une supervision différente du personnel, parfois à distance, tout en accordant une plus grande importance à l’aspect humain. Nous savons depuis toujours que le changement est la seule chose qui soit permanente. La Covid-19 nous a mené à un autre niveau en terme d’adaptation. Winston Churchill a déjà mentionné « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ».

La capacité d’analyse et de jugement

Attention, il faut s’adapter mais pas n’importe comment!  Faire les bons choix, prendre les bonnes approches, réorganiser efficacement, tous des enjeux d’une importance capitale pour une entreprise.  Cette réflexion sollicite notre côté rationnel.  Il faut ainsi pouvoir prendre du recul, bien réfléchir et analyser les enjeux en vue d’élaborer des plans d’action précis de façon à tenter de prévoir le mieux possible les impacts des décisions et orientations qui seront prises, entre autres celles qui touchent les employés.  Comment vont-ils percevoir ces changements?  Quelles peuvent être leurs résistances?  Comment bien communiquer le changement, les impliquer et les mobiliser pour assurer le succès du processus?  Ces questions essentielles s’adressent à nos compétences « rationnelles ».

La capacité à se mettre en action

Ce n’est pas tout!  Même la meilleure idée qui soit, le plan d’action le plus précis et pertinent, ne sont rien sans le passage à l’action, sans le recours à notre détermination et à notre capacité d’engagement.  Notre crédibilité en tant que leader repose davantage sur nos actions que sur nos paroles.  Les gens nous regardent agir et nous pouvons être certains qu’ils détectent facilement lorsque « les bottines ne suivent pas les babines ».  D’où l’importance d’être en action, d’être en mouvement et de matérialiser le changement en concordance avec les valeurs organisationnelles.  Dans les périodes d’incertitude, le regard des gens se tourne naturellement vers leurs leaders, vers ceux qui peuvent les aider à surmonter la crise et à aller plus loin.

La capacité à prendre soin de l’autre et de soi-même

Un sondage a été mené par une équipe de chercheurs de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval auquel ont participé 1 259 Québécois entre le 30 avril et 7 mai derniers.  Selon ce sondage[1], près de 50% des travailleurs québécois souffraient d’un niveau élevé de détresse psychologique, tous types d’emplois confondus. Cette statistique frappante nous rappelle à quel point le soutien à nos collaborateurs, l’écoute des préoccupations, de même qu’un accompagnement bienveillant et positif, sont des enjeux majeurs dans une période difficile telle que celle que nous vivons actuellement. Les êtres humains qui composent une organisation et ce, à tous les niveaux, constituent des ingrédients essentiels permettant de mener au succès ou à l’échec. Il n’est plus à démontrer que des personnes mobilisées, soutenues, valorisées, écoutées et informées ont un effet positif  en terme de productivité et d’efficacité. Le côté humain du superviseur est grandement sollicité, ce qui est parfois bien entendu très exigeant.  Composer avec l’insécurité, la détresse ou la colère n’est pas toujours chose aisée, d’autant plus que nous pouvons aussi être nous-mêmes habités par ces sentiments. Voilà pourquoi il est primordial de prendre soin de soi et de nos gens.

François Marceau est travailleur social depuis une trentaine d’années. Il est un passionné du développement humain, que ce soit sur les plans personnels ou professionnels. Il cumule de nombreuses années d’expérience dans les domaines suivants :  accompagnement individuel, intervention de groupe et organisation communautaire en travail social, gestion d’équipes dans le réseau de la santé et des services sociaux, formation, supervision clinique, coaching individuel et d’équipe et finalement enseignement au niveau collégial et universitaire. La mobilisation des gens, le travail en équipe, le bien-être individuel et collectif sont des thèmes qui lui sont chers.
[1] Le Soleil, Élisabeth Fleury, 4 juin 2020.

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Formations suggérées :

M3I Supervision https://www.collegia.qc.ca/formations-entreprises/m3i-supervision/

M3I Développement https://www.collegia.qc.ca/formations-entreprises/m3i-leader-courageux-et-altruiste-sae/

*Offertes par Collegia, Cégep de Rivière-du-Loup et le Centre d’études collégiales du Témiscouata.

Le programme M3I a été lancé en 2007 et conçu par monsieur Denis Ouimet, Ph.  Ce programme s’appuie à la fois sur l’expertise en pédagogie de formateurs hautement qualifiés et sur des centaines d’interventions en réalisées dans plus de 1400 organisations et entreprises. Le programme fait ses preuves dans l’ensemble du Québec, à travers un vaste réseau de Cégeps accrédités, dont le Cégep de Rivière-du-Loup.  M3i a formé et accompagné 4 000 participants et cumule ainsi quelque 16 000 heures d’accompagnement individuel (coaching). (Source : https://m3isupervision.com/)

M3I et ses produits dérivés visent à développer et enrichir les compétences nécessaires dans un rôle de supervision, des compétences reliées entre autres aux quatre dynamiques de la personne: l’imagination (le côté explorateur en nous), la raison (le côté juge en nous), l’action (le côté guerrier en nous) et l’émotion (le côté artiste en nous).